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Le mois de septembre a été marqué par un resserrement monétaire quasi synchronisé des principales banques centrales. Face à la remontée des prix de l’énergie, la Fed, la BCE et la BOJ ont toutes relevé leurs taux directeurs, illustrant la préoccupation croissante des autorités face au risque d’un nouvel épisode inflationniste. À contre-courant, la BNS a maintenu son taux directeur, soulignant ainsi la singularité de la situation économique helvétique. Parallèlement, la forte hausse des rendements obligataires à long terme a traduit des anticipations de taux durablement élevés, des inquiétudes persistantes concernant l’inflation, ainsi que des perspectives de croissance durable.
Les pressions inflationnistes se sont renforcées au cours du mois, principalement sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Le pétrole Brent a progressé de près de 10% en septembre, alimenté par les risques pesant sur l’offre mondiale dans le contexte du conflit avec l’Iran. En zone euro, l’inflation a continué d’accélérer. La BCE estime que la hausse des prix de l’énergie pourrait maintenir l’inflation au-dessus de l’objectif de 2% pendant une période prolongée. Plusieurs membres de la Fed ont également indiqué que les tensions inflationnistes ne se limitaient plus à l’énergie (deuxième tour), renforçant la probabilité de nouvelles mesures de resserrement monétaire. La Suisse continue toutefois de se distinguer avec une inflation nettement plus modérée.
Dans ce contexte, les banques centrales ont poursuivi le durcissement de leur politique monétaire. La BCE a relevé son taux de dépôt à 2,50%, tandis que la Fed a procédé à une nouvelle hausse de 25 bps (à 3.75%-4%) et maintient un biais restrictif pour les prochains mois. La BNS a pour sa part laissé son taux inchangé à 0%, tout en réaffirmant sa volonté d’intervenir sur le marché des changes si nécessaire afin de garantir des conditions monétaires appropriées. Les rendements souverains ont continué de progresser, entraînant pour les marchés obligataires mondiaux leur plus mauvais trimestre depuis fin 2024.
Malgré ce contexte monétaire plus restrictif, l’activité économique mondiale demeure résiliente. Les enquêtes PMI publiées en septembre indiquent une croissance toujours soutenue aux États-Unis, tant dans l’industrie que dans les services. La zone euro continue également de progresser, quoique à un rythme plus modéré. Toutefois, les effets du resserrement monétaire commencent à se manifester : les conditions de crédit se durcissent et les volumes de prêts accordés aux entreprises européennes ralentissent. La combinaison de taux élevés, de prix de l’énergie soutenu et d’un accès au financement plus contraignant pourrait ainsi peser davantage sur la croissance au cours des prochains trimestres, même si aucun signe de ralentissement marqué n’est encore visible à ce stade.