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Juin

Revue économique Juin

Inflation persistante et tensions géopolitiques

Le mois de juin 2026 a été dominé par la guerre en Iran et ses répercussions sur les marchés de l’énergie, l’inflation et les politiques monétaires. Après une phase de forte tension liée aux risques pesant sur le détroit d’Ormuz, le prix du Brent a finalement terminé le trimestre aux environs de 73 dollars le baril, en forte baisse sur trois mois. La perspective d’un cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que la réouverture partielle du trafic maritime dans le détroit, ont permis d’atténuer les craintes d’un choc d’offre durable.

Malgré cette détente, l’inflation constitue le principal point d’attention. Aux États-Unis, l’indice PCE a progressé à 4.1% sur un an en mai, tandis que le CPI atteignait 4.2%, confirmant une accélération généralisée des prix. En zone euro, l’inflation est remontée à 3.2%, au-dessus du seuil de 3% pour la première fois depuis 2023, avec un risque croissant d’effets de second tour sur les salaires.

Cette persistance de l’inflation n’est pas au goût des banques centrales et juin a marqué un net tournant restrictif au niveau mondial. La Fed a maintenu ses taux, mais le discours s’est durci, évoquant la possibilité de hausses si l’inflation ne reflue pas. La BNS a également opté pour le statu quo. La BCE a relevé ses taux de 25 points de base à 2.25%, sa première hausse depuis 2023. La Banque du Japon a, de son côté, poursuivi sa normalisation avec une hausse à 1%, son niveau le plus élevé depuis 1995.

Sur le plan de la croissance, les trajectoires divergent. L’économie américaine reste résiliente, portée par un marché du travail solide et une progression du PIB réel de 2.7% sur un an au premier trimestre. En Europe, la reprise demeure fragile. Le contexte géopolitique pèse sur les perspectives et le resserrement monétaire ajoute un facteur de prudence supplémentaire. En Suisse, l’environnement économique reste relativement favorable. Néanmoins, le contexte global peut freiner progressivement la dynamique de croissance au cours des prochains trimestres.

Pour les investisseurs, deux risques majeurs continueront de dominer l’environnement de marché au second semestre. Le premier concerne l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Malgré l’apaisement, les tensions restent et toute nouvelle escalade pourrait raviver les craintes sur l’approvisionnement énergétique. Le second risque porte sur la réaction des banques centrales face à une inflation qui demeure supérieure aux objectifs. Si les autorités monétaires estimaient que les effets inflationnistes risquent de s’installer durablement, elles pourraient être amenées à poursuivre le resserrement monétaire, au risque de peser sur la croissance économique mondiale. La combinaison de ces incertitudes géopolitiques et monétaires devrait ainsi continuer à alimenter la volatilité des marchés au cours des prochains mois.

Principales statistiques économiques